Du ronflement à l’apnée du sommeil

Ronflez-vous?

Ronfler pourrait être un problème beaucoup plus sérieux que vous ne le croyez!

Le ronflement a toujours été considéré comme une source de conflits conjugaux.  Mais qu’est-ce que le ronflement? C’est la vibration rapide, de 25 à 200 fois par seconde, des parois du pharynx. Le pharynx est le conduit situé au carrefour des voies digestives et respiratoires entre les fosses nasales et le larynx. On ronfle pendant le sommeil, car à ce moment s’exerce la mise en repos de tous les muscles y compris les muscles de la gorge. Si celle-ci est étroite, le passage de l’air y est perturbé. Le voile du palais et les parois du pharynx se mettent alors à vibrer bruyamment : c’est le ronflement. La différence entre un ronfleur et un non ronfleur est donc d’abord anatomique.

Le passage du ronflement à l’apnée se fait quand le rétrécissement pharyngé devient total lorsque les parois empêchent le passage de l’air. Une apnée est l’interruption plus ou moins prolongée de la respiration. Une apnée « obstructive » provoque une contraction violente des muscles inspiratoires et du diaphragme. Seul un éveil bref permettra aux voies aériennes de s’ouvrir à nouveau.

Ronfler est-il dangereux pour la santé? On trouve davantage d’accidents cardio-vasculaires chez les ronfleurs. Mais ils surviennent souvent chez les hommes âgés de plus de cinquante ans, qui ont un surpoids et qui sont souvent fumeurs. Le ronflement ordinaire non accompagné d’apnées n’affecte pas directement la santé ni la mortalité.

Qu’est-ce que le syndrome d’apnées obstructives du sommeil ou SAOS? C’est une maladie caractérisée par des arrêts de la respiration ou apnées fréquentes (plus de cinq par heure), les apnées durent au minimum 10 secondes. Les apnées sont en général « obstructives », car elles sont dues à un obstacle dans le pharynx. Elles peuvent être « centrales », liées à une absence de commande respiratoire du système nerveux central, ou « mixtes » lorsqu’elles mélangent les deux types précédents. Les hypopnées, sans constituer des arrêts de la respiration, font aussi partie du SAOS, car elles diminuent de façon significative l’oxygénation et réveillent le patient.

Le SAOS n’entraîne pas qu’une simple privation de sommeil comme chez les insomniaques. Le sommeil s’appauvrit et devient insuffisant quantitativement et qualitativement. Il se conjugue à une asphyxie nocturne. Ses fonctions réparatrices, modulatrices, cognitives et mnésiques sont donc gravement affectées.

Apnées au travail : attention danger! La vigilance diminue considérablement avec le SAOS : 7 fois plus d’accidents de la route chez les sujets atteints de l’apnée du sommeil. Dans certaines professions, un simple début d’endormissement peut provoquer un accident mortel. Les conséquences intellectuelles se doublent de troubles du caractère liés à l’isolement et à la fatigue. Tout cela ne facilite pas les relations dans l’entreprise et à l’extérieur!

Le SAOS semble favoriser les accidents vasculaires cérébraux, le surpoids, les envies répétées d’uriner la nuit, l’impuissance, les cauchemars, les troubles intellectuels. Il existe bien une atteinte des fonctions du cerveau lors du SAOS, plus ou moins sévère selon les sujets, et qui concerne surtout la mémoire, les capacités de concentration et la vitesse de réalisation des différentes tâches. Le traitement efficace du SAOS améliore ou fait disparaitre complètement ces difficultés.

Comment identifier un SAOS : par la polysomnographie.  Comme son nom l’indique, elle consiste en l’enregistrement  simultané de multiples signaux physiologiques (poly) durant le sommeil (somno). Le fait d’en garder les traces est traduit dans le suffixe (graphie). Cet examen est le plus souvent réalisé durant une nuit d’hospitalisation sous la surveillance d’un technicien expérimenté, mais il peut également être effectué au domicile ou dans une chambre ordinaire d’hospitalisation grâce à des enregistreurs ambulatoires de petit volume.  C’est votre médecin ou votre dentiste qui prescrit généralement  ce test de dépistage. Pour ne pas confondre le SAOS avec une autre maladie, le suivi est assuré par votre médecin ou par un spécialiste du sommeil.

Comment traiter le ronflement? Conseils hygiéno-diététiques : on arrêtera toute prise d’alcool trois heures avant le sommeil. Le repas du soir doit être accompagné par de l’eau, et l’idée de tout apéritif ou digestif abandonnée. Les drogues hypnotiques (somnifères) seront également progressivement arrêtées. La dilatation narinaire, la chirurgie traditionnelle du ronflement, la chirurgie au laser et les prothèses dentaires d’avancement mandibulaires confectionnées par certains dentistes et orthodontistes sont toutes des voies qui doivent être évaluées par votre spécialiste du sommeil.

Comment traiter le syndrome d’apnées obstructives du sommeil? La principale approche consiste en la ventilation en pression positive continue (VCCP). Avec la VPPC le patient respire au travers d’un masque nasal dans un circuit connecté à une turbine (CPAP). Cette turbine, en tournant, génère un débit d’air de plusieurs dizaines de litres par minute. Face  à ce débit, le patient ne peut pas expirer aussi profondément qu’habituellement. La VPPC est efficace dans la très grande majorité des cas de SAOS, mais il s’agit d’un traitement palliatif qui doit être poursuivi toute la vie sans interruption.

Un traitement médical (position du corps durant le sommeil, perte de poids, suppression de l’alcool, des médicaments dangereux, du traitement de l’hypothyroïdie), un traitement chirurgical (trachéotomie, chirurgie nasale, l’uvulo-palato-pharyngoplastie, la chirurgie maxillo-faciale : avancement de l’insertion de la langue, avancement bi-maxillaire) ou un traitement dentaire (orthèse d’avancement mandibulaire pour les cas de SAOS léger à modéré) sont d’autres voies qui s’offrent au patient non compliant au VCCP.

François Lechner DDS

 

Oui, on peut fermer la bouche avec l’appareil d’avancement mandibulaire (Somnomed) !

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